{"id":641,"date":"2024-02-28T09:26:16","date_gmt":"2024-02-28T08:26:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.semainearabe.ens.fr\/?page_id=641"},"modified":"2024-02-28T09:35:25","modified_gmt":"2024-02-28T08:35:25","slug":"stephane-couturier-alger-cite-climat-de-france-travelling-lateral-place-des-deux-cents-colonnes-2012","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.semainearabe.ens.fr\/index.php\/stephane-couturier-alger-cite-climat-de-france-travelling-lateral-place-des-deux-cents-colonnes-2012\/","title":{"rendered":"St\u00e9phane Couturier &#8211; \u00ab Alger &#8211; Cit\u00e9  \u00ab\u00a0Climat de France\u00a0\u00bb &#8211; Travelling lat\u00e9ral &#8211; Place des deux cents colonnes \u00bb, 2012."},"content":{"rendered":"\n<p><strong>St\u00e9phane Couturier<\/strong> : <strong>pr\u00e9sentation<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>Depuis maintenant trente ans,&nbsp;St\u00e9phane Couturier, n\u00e9 en 1957, poursuit, de Berlin \u00e0 Bras\u00edlia et de S\u00e9oul \u00e0 Alger, par la photographie et&nbsp;par&nbsp;la vid\u00e9o,&nbsp;un travail&nbsp;autour de l\u2019architecture des&nbsp;xx<sup>e<\/sup>&nbsp;et&nbsp;xxi<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cles.<\/p>\n\n\n\n<p>En&nbsp;une seule prise de vue, puis, \u00e0 partir de 2005,&nbsp;au moyen&nbsp;d\u2019un principe tr\u00e8s simple de combinaison sur ordinateur de deux clich\u00e9s, &nbsp;Couturier&nbsp;con\u00e7oit, avec une grande diversit\u00e9 de formes et de couleurs, de v\u00e9ritables constructions photographiques. Parfois proches de l\u2019abstraction tout en ayant un fort ancrage documentaire, ses images dynamiques, faites de motifs de points de vue diff\u00e9rents, utilisent les techniques de l\u2019entrelacs et de la grille&nbsp;: r\u00e9flexions sur la ville moderne et sur la fa\u00e7on dont l\u2019architecture fa\u00e7onne notre perception et notre imaginaire, elles sont aussi des hommages indirects \u00e0 quelques grands architectes et artistes modernes, Eileen Gray, Le&nbsp;Corbusier, Fernand L\u00e9ger, Fernand Pouillon\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, parall\u00e8lement au tirage photographique encadr\u00e9, Couturier&nbsp;exp\u00e9rimente&nbsp;d\u2019autres formes murales et d\u2019autres mat\u00e9riaux&nbsp;jouant de la r\u00e9p\u00e9tition et d\u2019un autre rapport physique du spectateur \u00e0 l\u2019image. Cette volont\u00e9 d\u2019explorer&nbsp;de nouvelles formes le conduit aussi \u00e0 poursuivre un travail avec la vid\u00e9o,dans le droit-fil de sa pratique photographique&nbsp;: privil\u00e9giant des approches simples et sans montage, du plan fixe au travelling, ces vid\u00e9os apparaissent comme autant de photographies anim\u00e9es qui ouvrent davantage l\u2019\u0153uvre&nbsp;\u00e0 la pr\u00e9sence humaine et rendent compte diff\u00e9remment de la fa\u00e7on dont l\u2019homme occupe, vit et transforme l\u2019architecture.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pr\u00e9sentation des oeuvres<\/strong> <strong>par l&rsquo;artiste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td><strong>1 \u2013 La cit\u00e9 \u00ab&nbsp;Climat de France<\/strong><br>Parler d\u2019Alger depuis la France fait imm\u00e9diatement rejaillir des souvenirs, des blessures, des poncifs.&nbsp;<br><br>L\u2019Alg\u00e9rie est trop proche pour que l\u2019on en parle avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et d\u00e9tachement.&nbsp;<br>Qu\u2019est ce que \u00ab&nbsp;Climat de France&nbsp;\u00bb&nbsp;?<br><br>Il s\u2019agit de la plus grande cit\u00e9 d\u2019Alger \u00e9difi\u00e9e juste avant l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie par l\u2019architecte Fernand Pouillon.<br><br>\u00ab Climat de France \u00bb c\u2019est une cit\u00e9 de plus de 30.000 personnes construite par une grande figure de l\u2019architecture des ann\u00e9es 1950,&nbsp; Fernand Pouillon (1912-1986). En 2012 lors des prises de vues vid\u00e9os, elle comptait environ 60.000 habitants.<br><br>Entrer dans cette cit\u00e9, c\u2019est comme entrer \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un concentr\u00e9 de tous les maux de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne. Une ville dans la ville, qui repr\u00e9sente toutes les contradictions de cette soci\u00e9t\u00e9 coinc\u00e9e entre espoir et d\u00e9senchantement.&nbsp;<br><br>Ici, la police et les personnes ext\u00e9rieures ne rentrent pas&nbsp;; la cit\u00e9 est comme livr\u00e9e \u00e0 elle m\u00eame, vivant en autarcie.&nbsp;<br><br>Dans la cit\u00e9, un fief du Front islamique du salut (FIS), puis du Groupe islamique arm\u00e9 (GIA) dans les ann\u00e9es 1990, la mosqu\u00e9e Ennour a longtemps \u00e9t\u00e9 sous la coupe de l&rsquo;id\u00e9ologue du FIS, Mohamed Sa\u00efd.&nbsp;<br><br>Lieu d\u2019affrontement entre GIA et pouvoir, et maintenant, place forte de tous les trafics, la \u00ab\u00a0Cour des 200 colonnes\u00a0\u00bb, gr\u00eal\u00e9e de paraboles, est aussi surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0la Colombie\u00a0\u00bb pour son trafic de drogue. Y domine le commerce illicite de la \u00ab\u00a0M\u00e8re Courage\u00a0\u00bb, un puissant psychotrope.&nbsp;<br><br>Il a fallu de l\u2019audace et de la pers\u00e9v\u00e9rance pour pouvoir y p\u00e9n\u00e9trer. La rencontre d\u2019Hamid Rahiche, un habitant de la cit\u00e9, fut d\u00e9terminante.<br>L\u2019id\u00e9e d\u2019un travail au long cours s\u2019est alors impos\u00e9e et je m\u2019y suis rendu de 2011 \u00e0 2017 plusieurs fois par an pour concevoir l\u2019ensemble du corpus d\u2019images.<br>A c\u00f4t\u00e9 de l\u2019image fixe, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de concevoir un ensemble de vid\u00e9os pour capter le quotidien de cette cit\u00e9 unique.&nbsp;<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td><strong>2- La vid\u00e9o \u2013 Travelling lat\u00e9ral &#8211; Place des deux cents colonnes<\/strong><br>L\u2019id\u00e9e de d\u00e9part, dans la continuit\u00e9 du travail photographique, est de se concentrer sur la trame architecturale de la cour. Tout en restant frontal, il s\u2019agit en quelque sorte de d\u00e9plier l\u2019architecture de cette cour des deux cents colonnes. Et de faire ne sorte que cette colonnades devienne sans fin.&nbsp;<br><br>Pour cela, depuis l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une voiture, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 un lent travelling des deux fa\u00e7ades principales de la cour. J\u2019ai choisi une journ\u00e9e sans soleil pour \u00e9viter les probl\u00e8mes de raccord entre fa\u00e7ades nord et sud.<br><br>L\u2019unit\u00e9 de lieu et de temps est importante, donc les deux prises ont eu lieu le m\u00eame jour, ce qui permet de voir en champ contre-champ, les m\u00eames personnes \u00e0 quelques minutes d\u2019intervalle.<br><br>La mise en boucle de la vid\u00e9o a n\u00e9cessit\u00e9 un long travail de post-production r\u00e9alis\u00e9 par Olivier Talouarn pour qu\u2019aucune coupure ou raccord ne soit visible.<br><br>Cette mise en boucle de cette d\u00e9ambulation nous fait basculer vers une vision sans fin, de ces colonnades.&nbsp;Ainsi la vid\u00e9o n\u2019est pas con\u00e7ue sous forme de progression dramatique, elle se donne \u00e0 voir comme une globalit\u00e9 dans une sorte de hors temps&nbsp;&nbsp;qui&nbsp;&nbsp;\u00e9tire, malaxe, condense ce temps tout en gardant&nbsp;&nbsp;intact les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de cette architecture, t\u00e9moin des d\u00e9cisions politiques qui ont fa\u00e7onn\u00e9 l\u2019histoire de l\u2019Alg\u00e9rie contemporaine.<br><br>La pr\u00e9sentation en triptyque de la vid\u00e9o permet de renforcer l\u2019impression d\u2019entrer dans la cour comme dans une ar\u00e8ne. La dynamique combinatoire qui en r\u00e9sulte, cr\u00e9e \u00e0 la fois une continuit\u00e9 mais aussi des tensions entre les diff\u00e9rentes projections.<br><br>Le triptyque cr\u00e9e ainsi une trame mobile et op\u00e8re une abolition de l\u2019id\u00e9e d\u2019un centre.&nbsp;La r\u00e9p\u00e9tition des colonnes et de la trame architecturale de Pouillon associ\u00e9e \u00e0 l\u2019appropriation des habitants fait na\u00eetre des mutations improbables\u2026 L\u2019architecture est vivante.<br><br><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><figcaption class=\"wp-element-caption\">St\u00e9phane Couturier<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Nous remercions vivement Monsieur St\u00e9phane Couturier et la Galerie Christophe Gaillard d&rsquo;avoir permis cette exposition<\/strong> <strong>dans le cadre de la Semaine Arabe 2024. <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>St\u00e9phane Couturier : pr\u00e9sentation Depuis maintenant trente ans,&nbsp;St\u00e9phane Couturier, n\u00e9 en 1957, poursuit, de Berlin \u00e0 Bras\u00edlia et de S\u00e9oul \u00e0 Alger, par la photographie et&nbsp;par&nbsp;la vid\u00e9o,&nbsp;un travail&nbsp;autour de l\u2019architecture des&nbsp;xxe&nbsp;et&nbsp;xxie&nbsp;si\u00e8cles. En&nbsp;une seule prise de vue, puis, \u00e0 partir de 2005,&nbsp;au moyen&nbsp;d\u2019un principe tr\u00e8s simple de combinaison sur ordinateur de deux clich\u00e9s, &nbsp;Couturier&nbsp;con\u00e7oit, avec une &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.semainearabe.ens.fr\/index.php\/stephane-couturier-alger-cite-climat-de-france-travelling-lateral-place-des-deux-cents-colonnes-2012\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;St\u00e9phane Couturier &#8211; \u00ab Alger &#8211; Cit\u00e9  \u00ab\u00a0Climat de France\u00a0\u00bb &#8211; Travelling lat\u00e9ral &#8211; Place des deux cents colonnes \u00bb, 2012.&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":645,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-641","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.semainearabe.ens.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/641","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.semainearabe.ens.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.semainearabe.ens.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.semainearabe.ens.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.semainearabe.ens.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=641"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.semainearabe.ens.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/641\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":651,"href":"https:\/\/www.semainearabe.ens.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/641\/revisions\/651"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.semainearabe.ens.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/645"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.semainearabe.ens.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=641"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}